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Economie sociale et solidaire et lutte contre l’exclusion

Economie sociale et solidaire

09/01/2012

Economie sociale et solidaire et lutte contre l’exclusion

Auteur : Madeleine Hersent, directrice de l’ADEL

L’économie sociale et solidaire couvre des champs d’intervention très variés en tentant de construire un autre modèle de société où la personne humaine est au centre des échanges économiques et non le pouvoir des capitaux et la distribution de profit.

Cette autre économie privilégie les formes d’entrepreneuriat collectif ainsi que les démarches favorisant l’acquisition d’une citoyenneté active et la production d’intelligence collective.
L’économie solidaire se définit comme un projet de transformation sociale limitant les inégalités sociales et territoriales.
Nous pensons comme Jean Louis Laville que « L’économie solidaire peut être abordée comme l’ensemble des activités contribuant à démocratiser l’économie par des engagements citoyens 1 ».
Cette économie se veut une économie utile économiquement, socialement et politiquement représentant beaucoup plus qu’une économie de réparation comme elle est trop souvent considérée.

Inscrites dans une dimension plurielle, les initiatives solidaires veulent à la fois résister et construire des activités économiques à finalité humaine favorisant l’avènement d’un autre monde2.
Leurs apports aux enjeux de la société sont particulièrement importants dans un moment de crise économique et financière qui interroge sur les modèles dominants.

Leurs engagements dans la transformation sociale, leur lutte contre les inégalités sociales et territoriales les amènent à investir des champs à forte utilité sociale ainsi qu’à croiser la question des biens communs.
Souvent, les initiatives de l’ESS interviennent en réponse à des besoins mal couverts dans les domaines liés à la vie quotidienne et parfois même à des questions de survie.

Leurs domaines d’intervention sont nombreux et peuvent parfois permettre de reconsidérer les questions de société.

Les processus d’auto construction et l’appel à de nouveaux matériaux écologiques permettent d’intervenir sur les questions de logement si prégnantes actuellement.
Les créations d’activité solidaires favorisent l’emploi de personnes en marge du marché du travail en misant sur une dynamique collective facilitent le dépassement des fragilités individuelles.
Les régies de quartier redonnent une place sociale à des personnes en menant des actions d’amélioration du cadre de vie dans des territoires en dépression socio-économique.
Les actions dans le domaine de l’alimentation et de la nutrition ou de l’agriculture biologique sont autant de réponses aux problèmes de malnutrition de public précarisé mais représentent aussi de nouvelles manières d’agir sur les formes traditionnelles de consommation en rendant les personnes actrices particulièrement consomm’actrices.
Le commerce équitable favorise des échanges plus justes entre producteurs et consommateurs.
Les finances solidaires interviennent pour faciliter des accès au crédit souvent difficiles pour certains publics.
Des artistes font vivre des lieux culturels de proximité qui tentent de dépasser la standardisation culturelle.

Soutenir ces initiatives est un véritable enjeu pour mettre en œuvre une société plus juste et plus égalitaire où chaque personne peut trouver une place économique et sociale.

Le rôle des politiques publiques est essentiel pour accompagner et favoriser l’éclosion et le développement de projets permettant plus de justice sociale et d’égalité car lutter contre toutes les formes d’exclusion particulièrement dans les secteurs du logement et de l’économie demeure un objectif social important.

En s’appuyant sur les énergies collectives et en renforçant la capacité d’action des personnes, cette autre économie permet d’apporter des réponses favorisant l’émancipation et la responsabilisation des différents acteurs.
La question de la relation entre action publique et économie solidaire est fondamentale pour répondre aux enjeux actuels et construire une société plus juste, plus responsable et plus humaine.

Chiffres clés 2008 de l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France3 :

- 17% de l’emploi de l’emploi national de l’économie sociale et solidaire,
- 25 400 entreprises, soit 6,6% des entreprises régionales,
- 31 300 établissements employeurs, soit 7% des établissements régionaux,
- 374 100 salariés, soit 6,9% des salariés de la région,
- 307 000 équivalents temps plein,
- 65% des emplois occupés par des femmes, soit 47% de femmes dans l’ensemble de l’économie régionale.

1. Laville J.L. Cattani A.D., (2005) J.L., Dictionnaire de l’autre économie, Paris, Desclée de Brouwer
2. « Porto Alegre, la place des femmes », Multitudes n° 9, mai-juin 2002
3. Source : Insee, CLAP 2008 (agriculture inclue), Traitement : Observatoire régional de l’ESS.

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