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Prévention et dépistage gynécologique pour patientes en situation de précarité

20/04/2011

Prévention et dépistage gynécologique pour patientes en situation de précarité

Création d’une consultation de prévention et de dépistage gynécologique pour les patientes en situation de précarité sur Paris.

Le défaut d’accès au dépistage et à la prévention des publics en situation de précarité, notamment dans le domaine gynécologique, n’est plus à démontrer.
Aussi, la Permanence d’Accès aux Soins de Santé (PASS) de l’Hôtel Dieu de Paris a ouvert une consultation dédiée au dépistage des infections sexuellement transmissibles, des cancers du col de l’utérus et du sein, et à l’éducation vis-à-vis de la contraception et des rapports sexuels à risque.

Un bilan des 40 premières consultations (octobre 2009 à avril 2010), permet de caractériser les patientes sur le plan social et médical. Un partenariat récent avec l’association « les Amis du Bus des Femmes », qui soutient les prostituées et lutte contre la traite des femmes, explique l’inclusion, pour plus de la moitié, de jeunes femmes prostituées.

La moyenne d’âge est de 35 ans. Ces patientes se trouvent en situation sociale très complexe avec une absence d’ouverture de droit à l’accès aux soins pour 52%, une absence de titre de séjour pour 75%, un logement précaire pour 90%. Les rendez vous, systématiquement proposés dans un délai de quinze jours, ne sont honorés que dans 50%.

Sur le plan médical, les patientes n’ont pas de suivi gynécologique pour 77,5% d’entre elles et 42,5% n’ont jamais consulté de gynécologue.
De plus, 60% n’ont jamais eu de frottis cervico-vaginal (FCV) et 87,5% ne sont pas à jour en ce qui concerne leur FCV. Notons que 52,5% des patientes ont déjà eu recours au moins une fois à une interruption de grossesse. Parmi les 25 femmes en âge de procréer et sans désir de grossesse, 52% n’ont aucun moyen de contraception et 32% utilisent le préservatif. La contraception oestro-progestative est mal acceptée principalement par crainte de stérilité.
Enfin, 27,5% des patientes ont des rapports sexuels à risque régulièrement et 17 ,5% déclarent avoir été victimes de violences sexuelles. Aucune ne connaissait la conduite à tenir en cas d’accident d’exposition sexuelle au VIH. Deux hépatites B et une infection à Chlamydia ont été diagnostiquées. Tous les FCV étaient normaux.

Ces femmes, fortement à risque en ce qui concerne les infections sexuellement transmissibles, les grossesses non désirées et le cancer du col de l’utérus sont étonnamment sensibles aux messages de prévention. Elles adhèrent tout à fait bien à une proposition de suivi et de dépistage. La contraception orale est rarement acceptée, se heurtant à une conception différente de la vie génitale à explorer et engendrant un recours trop fréquent à l’interruption de grossesse.

Ces résultats ont décidé la PASS de l’Hôtel Dieu de Paris à continuer cette expérience en renforçant le versant « éducation pour la santé » à travers une action qui doit s’inscrire dans la durée pour être efficace.

Pour en savoir plus sur la PASS de l’Hôtel Dieu de Paris, cliquer ici.

Contact : Docteur Hélène de Champs Léger, hadleger@free.fr.

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