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La citoyenneté, un mode de vie au quotidien

La citoyenneté

22/04/2011

La citoyenneté, un mode de vie au quotidien

Marie GUIDICELLI, Fondation de l’Armée du Salut

Les déséquilibres socio-économiques en France comme plus généralement, en Europe n’ont cessé de s’accentuer depuis des années.
Les premiers exposés à ces déséquilibres sont les personnes se trouvant déjà en situation de précarité, que celle-ci soit d’ordre financière, professionnelle, personnelle, familiale, sociale.

Deux lois majeures ont réagi à cette dégradation : celle du 29 juillet 1998, relative à la lutte contre les exclusions, qui a mis en avant l’accès aux droits fondamentaux1 déjà existants ; la loi du 2 janvier 2002, rénovant l’action sociale et médicosociale, qui a redonné aux personnes en situation de précarité une place d’acteur dans leur parcours d’insertion.
En définissant leurs droits et libertés individuels dans le cadre des établissements qui les accueillent, cette loi a voulu transformer les rapports entre usagers et professionnels, en permettant à ceux-ci d’exercer leur citoyenneté de la façon la plus autonome et la plus complète possible. A cet effet, différents outils ont été conçus, parmi lesquels le projet d’établissement, le Conseil de Vie Sociale (CVS) ou la nomination de « médiateurs ».

Fondée sur des valeurs de nature humaniste, l’action de la Fondation de l’Armée du Salut a accompagné, et souvent anticipé, ce contexte réglementaire. Elle s’appuie en particulier sur la démarche participative, inscrite dans ses orientations stratégiques, qui permet à chaque personne accueillie à la fois d’être restaurée dans sa dignité et d’exercer l’un de ses droits fondamentaux, l’accès à la citoyenneté.
Contre une société qui tend à exclure les personnes pauvres parce qu’elles sont pauvres et considérées responsables de leur pauvreté, cette démarche participative constitue un enjeu crucial : l’exercice effectif de la citoyenneté, dans le cadre de vie quotidien comme dans l’espace public, contribue à redonner à chaque personne en situation de précarité sa place dans la société.

Au sein de chaque établissement social et médicosocial, le CVS est une instance consultative où sont élus des représentants des salariés et des personnes accueillies.
Cette instance permet d’exercer une forme de démocratie représentative, de renouer avec la pratique des élections, du mandat, de la restitution, de la prise en compte des demandes d’un groupe et de la négociation.
Dans les établissements de la Fondation de l’Armée du Salut qui accueillent des adultes en situation de précarité, la démarche participative se déploie aujourd’hui à un niveau encore plus large.

Des rencontres nationales, régionales et locales des CVS ont pour objectif de construire des outils communs et de diffuser les bonnes pratiques. Pour atteindre leurs objectifs, ces rencontres doivent tout d’abord renforcer le lien social mais également rompre avec les rapports hiérarchiques, dans une logique chère à Bourdieu.

Par ailleurs, en bénéficiant du soutien institutionnel et financier de projets européens, la Fondation de l’Armée du Salut a placé la démarche participative au service de la co-construction des politiques publiques : rencontres européennes des personnes en situation de pauvreté, projet « Pour une Europe sociale, apprenons la MOC » en 2009-2010 et, depuis 2010, animation du Conseil Consultatif des Personnes Accueillies (CCPA), afin d’appuyer la politique de Refondation de l’hébergement et du logement sur l’expérience du « terrain ».

La démarche participative se situe donc bien au cœur de l’enjeu de citoyenneté dans une société en perte de repères.
Certes, c’est encore une démarche militante, certes cette démarche nécessite des moyens (humains, financiers), mais la demande est là : les groupes sont de plus en plus nombreux, les personnes de plus en plus conscientisées, les effets individuels de plus en plus probants, tout comme les changements de pratiques des professionnels.

1. Déclaration universelle des droits de l’homme, 1948 - Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2000

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