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Isolement et précarité en Ile de France, autre visage d’un bassin économique et social

Isolement et précarité en Ile de France

09/05/2011

Isolement et précarité en Ile de France, autre visage d’un bassin économique et social

Yves Lenoir et Guillaume Chapdelaine, Société de Saint-Vincent-de-Paul

Au sein de la société d’information et de communication dans laquelle nous vivons, les solitudes sont des scandales invisibles, des scandales qu’il convient de dénoncer et contre lesquels il faut agir d’autant que très vite, s’y ajoute la précarité.
Ce sont précisément ces situations que dénonce la Grande Cause nationale 2011 : la Solitude. 26 associations dont la Société de Saint-Vincent-de-Paul sont à l’origine de cette déclaration nationale.
Chaque situation humaine appelle une réponse adaptée, pérenne, de proximité, qu’elle soit traditionnelle et renouvelée ou nouvelle parce que le besoin est nouveau et urgent.

Visages traditionnels des solitudes précaires et réponses renouvelées en Ile de France

► La pauvreté a toujours existé mais elle se répand avec de nouvelles situations : jeunes salariés, exclus, familles monoparentales. Le manque de repères sociaux et/ou familiaux accroît la solitude.
Les femmes seules1 avec enfants se trouvent majoritairement parmi les personnes suivies par la SSVP2 en Essonne.
Ces situations demandent une aide immédiate (aide alimentaire, vestimentaire, logement d’urgence) mais aussi un suivi psychologique sur le long terme et un soutien scolaire.

La pauvreté par le logement s’accroît, elle concerne les sans-abris, les mal-logés, les jeunes exclus de leur famille, les femmes battues ou seules avec enfants. Les sans-logements ont besoin de sanitaires, de vêtements et de nourriture, mais surtout d’un accueil chaleureux. Pour exemple le centre de la Madeleine à Paris ou l’Accueil de Jour d’Athis-Mons reçoit plus de 7000 personnes par an.
L’accroissement des épiceries sociales, des demandes de colis alimentaires (les volumes ont doublé à Versailles) et des repas servis toute l’année montre l’urgence au quotidien. L’hébergement d’urgence en appartement plutôt qu’en hôtels, plus coûteux, est mieux vécu et plus restructurant.

Le vieillissement des personnes, leurs revenus déclinants, la réponse difficile des familles appelle des actions traditionnelles adaptées.
La rupture de cette solitude est possible par des visites renouvelées de bénévoles à domicile, en résidence, en hôpital, en hospices, par un suivi durable des œuvres sociales, des sorties collectives, des clubs d’anciens, les chèques vacances, des réunions festives mais aussi à travers une solidarité entre générations3, et donc par des actions de proximité.
Cette rupture se réalise aussi par la reconstitution de liens familiaux ou en recréant ces liens via internet.

Visages nouveaux des solitudes précaires et efforts pour y répondre

► La réinsertion dans la société, au travail, à la vie collective Au-delà des sorties d’hôpital ou de prison, il est une question difficile : la réinsertion des exclus.
L’illettrisme est un facteur aggravant d’où la multiplication des cours d’alphabétisation. Des réponses nouvelles sont nécessaires : à Versailles l’association Suzanne Michaux forme les jeunes filles à la création d’entreprises individuelles.
L’informatique et Internet sont prometteurs, même si certaines personnes ne peuvent ou ne veulent y avoir accès. Des associations se créent dans cette voie permettant aux chômeurs et aux sans-abris d’acquérir une compétence nouvelle. Cette formation s’adresse aussi aux personnes âgées qui tout en restant chez elles conservent le contact avec les leurs et les services (lutte contre l’isolement par la fracture numérique : association Ramage à Paris).

► La réinsertion par le logement
Le logement est primordial dans le parcours de réinsertion : médiation locative à Versailles, paiement exceptionnel de loyers en Seine-et-Marne, hébergement d’urgence en appartements et résidences sociales pour travailleurs pauvres en Essonne.
Le coût du logement dans Paris oblige les plus démunis à aller plus loin en banlieue. Des aides au logement sont mises en place de manière individualisée dans les départements.

► La réinsertion par le déploiement des aides administratives
La lutte contre la solitude des personnes démunies face à l’administration avec son labyrinthe de démarches reste aussi une des occupations importantes des bénévoles.
Ces personnes doivent être accueillies, suivies et aidées jusqu’à l’aboutissement des démarches administratives.

Constats en Ile-de-France

Sur le territoire francilien, on remarque particulièrement :
- une diminution du nombre des personnes âgées sur Paris alors qu’elles sont plus nombreuses en banlieue,
- un nombre croissant de personnes à la rue avec des pathologies psychiatriques,
- à la périphérie, des camps de communautés immigrées,
- une forte augmentation des familles monoparentales,
- un besoin croissant de logements d’urgence (temporaires ou de longue durée),
- et surtout des demandes en hausse continue d’aide financière et administrative, d’accueil, de nourriture.
Parallèlement, un effort dans l’offre de formations pour la réinsertion est constaté.
Chaque cas de solitude nécessite un accueil, une écoute, une liaison plus ou moins étroite entre les administrations sociales, les bénévoles et salariés des associations et, pour une action durable, au moins la stabilité des ressources publiques et privées.
Le combat contre la Solitude est un combat permanent sur plusieurs fronts. C’est un combat contre l’indifférence qui mérite d’être mené pour un monde plus juste.

1. Leur nombre a augmenté de 26 % en trente ans en Ile de France, cliquer ici pour en savoir plus.
2. SSVP : Société de Saint Vincent de Paul
3. Y compris le logement intergénérationnel comme avec l’association Ensemble2Générations

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