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Etre une femme sans domicile fixe apres 50 ans

Etre une femme sans domicile fixe après 50 ans

13/05/2009

Etre une femme sans domicile fixe apres 50 ans

Comment vivent ces femmes « sans domicile », « sans abri », « exclues », « précaires » qui sont moins protégées par la société car elles ne vivent pas avec des enfants en bas âge et ne sont pas assez âgées pour être admises en Foyer Logement ou en Maison de Retraite ? L’enquête Mipes sur la population des femmes sans domicile fixe de plus de 50 ans à 65 ans, menée par un groupe de professionnels, tente de répondre à cette question.

La Voix de l’Enfant (Odile Maurice)

Ces femmes ont pratiquement toutes été en relation avec le 115 et elles ne comprennent pas le fonctionnement de ce type de mise à l’abri qui leur semble aléatoire et non adapté à leur situation de précarité : difficultés pour l’accès téléphonique, conditions sanitaires catastrophiques des lieux d’hébergement et surtout des hôtels, manque de sécurité dans ces lieux d’accueil.

Certaines préfèrent parfois la rue en choisissant des abris de fortune isolés ou proche d’un commissariat, des quartiers qu’elles ont connus dans les moments de leur vie où elles avaient encore un logement.

Certaines de ces femmes sont suivies par des équipes psychiatriques depuis de nombreuses années : elles ont des revenus réguliers suite à leur pathologie, elles peuvent se trouver sous tutelle, elles se rendent mensuellement dans les Centres Médico Psychologiques pour recevoir leur traitement médicamenteux. Mais elles vivent dans la rue.

D’autres femmes qui résident en centres de stabilisation reconnaissent le bien-être de ces accueils. Elles retrouvent une « vie normale » calme et réglée, se sentent respectées et peuvent envisager l’avenir proche avec plus de sérénité.

Pour la plupart de ces femmes, les institutions françaises ne sont d’aucune aide. Elles ne ressentent souvent qu’injustice, incompréhension, colère et sont souvent isolées face à la complexité des circuits administratifs. Elles ont souvent l’impression de mener un combat pour récupérer des droits qu’elles ont perdus comme l’obtention du Revenu Minimum d’Insertion ou la régularisation de leurs papiers. Elles se sentent plus soutenues dans leurs démarches administratives par les intervenants des associations car une relation plus personnelle peut se créer et ces intervenants sont perçus comme plus efficaces pour les aider à récupérer leurs droits.

Pour la majorité d’entre elles, la santé n’est pas leur préoccupation prioritaire. Elles « n’ont pas le temps d’être malades », et pour certaines il faut avoir un toit pour suivre un traitement médicamenteux et profiter de l’accès et au recours aux soins.

Elles envisagent leur avenir par une réinsertion dans la société. De leur point de vue, la première condition est l’obtention d’un logement pour être libres et pour ne plus dépendre des institutions, associations ou de leur entourage. La deuxième condition est celle du travail. Les femmes d’origine étrangère n’envisagent pas de quitter la France.

Aucune des femmes interviewées ne souhaitent continuer cette vie marginale remplie de souffrance, de difficultés financières, physiques et psychologiques.

Mais comment vont-elles pouvoir se réinsérer dans la vie sociale ? Comment les aider en proposant d’autres réponses que celles de l’urgence ? Par des solutions institutionnelles adaptées et lesquelles ? Par des logements individuels ? Quels accompagnements pourront-ils être mis en place ?

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